(kemias13.htm)





CINÉMA DE CHEZ NOUS

CINÉ-CLUBS D'ALGER



Du temps de notre jeunesse (oui, en gros entre 1945 et 1962), il y eut à Alger des ciné-clubs, disons... un certain nombre...

En feuilletant les pages des quotidiens algérois de l'époque, on trouve des échos, en général fort succints, annonçant les séances des uns et des autres, les compte-rendus, parfois goguenards, de certaines séances (tous les journalistes ne captaient pas les subtilités de certains films dits "difficiles"), et aussi les relations de leurs assemblées générales, et le détail des programmes des saisons qui s'ouvraient.

De ces ciné-clubs, il y en eut de diverses sortes... Peut-on parer du titre prestigieux de "ciné-club" les séances paroissiales organisées par nos braves curés ? Même si certaines firent s'éveiller des vocations ? Non, diront avec raison les puristes, il n'y a pas de ciné-club qui vaille sans, avant le film, une présentation par un cinéphile distingué, et sans, après le film, un débat, le débat idéal étant celui auquel participe l'un des auteurs du film, si possible le réalisateur lui-même en personne. C'est comme ça. Oui, si Mr le curé anime le débat en citant "les Cahiers du Cinéma" au moins autant que les cotes de l'Office catholique du cinéma, alors, oui, ça colle. Ah, j'oubliais, il faut aussi que le ciné-club s'appelle "ciné-club". Sinon, c'est pas du sérieux, c'est juste de la récréation.

Quand pour le débat, on n'a pas sous la main le réalisateur, ou un acteur, ou quelqu'un de mentionné au générique du film, un journaliste spécialisé, appelé aussi "critique", peut faire l'affaire. Un débat avec l'ouvreuse qui vend les "Coeurs", même si elle a déjà vu le film plusieurs dizaines de fois, et même si elle a dessus des opinions pas sottes du tout, ça vaut pas, sauf bien sûr, si elle a joué dedans, ou si elle en a écrit le scénario, cas de figure, je vous l'accorde, assez improbable. Surtout dans le Alger de notre temps. Ou alors, vous vous êtes trompé : vous n'êtes pas au Ciné-club, vous êtes assis salle de l'Entr'aide féminine, rue Valentin, et vous assistez à une projection de films des Cinéastes Amateurs Algérois !

Dans le Livre d'Or, plusieurs Es'mmaïens, ci-après, se souviennent...



Paul Salessy (Alger/Bubry 56)
08/12/2006 16:11

À Yves Jalabert : je suis certain de ce que j'annonce. En effet, j'allais le dimanche matin au Versailles pour assister, depuis le balcon, à la présentation du film, puis à la projection, et je me sauvais après pour ne pas assister aux discussions, pensant à l'époque que, si le cinéaste avait quelque chose à dire, une fois replacé dans le contexte grâce à la présentation avant projection, c'était au spectateur de ressentir et de se faire sa propre opinion. Il faut dire aussi qu'en général la fin du film se situait autour de 11heures 30. Je me rappelle avoir vu "Le trou" de J. Becker entre autres...



Gérard 1941 (Alger/Marseille)
09/12/2006 17:06

A propos des ciné-clubs algérois, il ne faudrait pas oublier celui qui s'appelait "Studio Jeunesse" et qui organisait une séance tous les dimanches matins au cinéma Le Rex, puis au cinéma Hollywood, lorsque le précédent a été aménagé en église pendant la construction de la nouvelle cathédrale. (NDLR : celle de la Station service, eh !)



Jean Brua
09/12/2006 08:45

Au chapitre des ciné-clubs d'Alger, n'oublions pas le Ciné-Club Universitaire, dont les séances (au moins entre 56 et 58) avaient lieu au Rex et étaient suivies d'un débat animé par un modérateur connu. Je me rappelle y avoir vu, entre autres, "La Grande illusion" et "La Règle du jeu" de Jean Renoir (avec, au commentaire, le scénariste, dialoguiste et critique Pierre Laroche) ; le "Macbeth" d'Orson Welles, "L'Espoir" de Malraux et le désopilant "Whisky à gogo" de l'Écossais Alexander Mac Kendrick. Ce dernier film a suscité dans les différentes corpos de l'A.G.E.A. une vogue immodérée de la bouteille de scotch Johnny Walker.









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